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lundi 29 novembre 2021

COMMUNIQUÉ suite au Forum Populaire du 6 Novembre à Prades

 


 

COMMUNIQUÉ

  Près de cent cinquante personnes se sont retrouvées à l’appel du Collectif Els Brulls terres Agricoles (CEBTA) et de l'Association La Terre C'est Nos Oignons le samedi 6 novembre à Prades (66) pour participer à un Forum populaire avec comme mot d’ordre : « Stop à la destruction des terres agricoles ! ». 


Parmi les nombreux intervenant.es, des représentants de plusieurs
collectifs du Conflent mais aussi du Vallespir, Cerdagne, Albères ou
encore de la Côte Vermeille, de la Confédération Paysanne et de Frêne
66… ont fait état d’une multiplication préoccupante des projets
d’artificialisation des terres nourricières et des espaces naturels et
rappelé l’urgence de s’y opposer. Ce qui est déjà le cas avec 2 recours
engagés contre le projet de lotissement de 24 parcelles sur Codalet.

  A l’issue de ces échanges, un cortège composé d’une centaine de personnes s’est rendu sur la commune voisine de Codalet au son de casseroles et autres percussions de fortune. Là, sur une magnifique parcelle agricole menacée de destruction par un projet de parking et de lotissement, un grand repas partagé a permis de prolonger les débats et d’envisager la suite de la lutte. 


Mentionnons parmi les diverses perspectives la proposition de créer une
coordination départementale des collectifs et organisations en lutte,
dans le but notamment de renforcer notre capacité de mobilisation à
l’échelle des Pyrénées Orientales. Cette coordination est en voie de
constitution et fera prochainement parler d’elle.

  Soyez en convaincu.es, nous sommes tous concerné.es ! Stop à la destruction de nos meilleures terres ! A bientôt pour de nouvelles actions !


  CEBTA LES BRULLS - La Terre C’est Nos Oignons

samedi 8 mai 2021

Participons aux Soulèvements de la Terre

Le Collectif Els Brulls Terres Agricoles (CEBTA) et l’association “La Terre C’est Nos Oignons” ont décidé de soutenir et de rejoindre l’appel à actions lancé par “Les Soulèvements de la Terre” pour la défense des terres agricoles et contre les projets industriels néfastes et d’artificialisation des terres.
 
Nous vous invitons à agir avec nous dans le Conflent lors de prochains rendez-vous auxquels nous appelerons, et à rejoindre également l’appel NATIONAL “Les Soulèvements de la Terre”.
https://lessoulevementsdelaterre.org/
 
Collectif Els Brulls Terres Agricoles & Association La Terre C’est Nos Oignons

 





jeudi 30 juillet 2020

Des collectifs sèment les graines de l’autonomie alimentaire


Par

L’épidémie a fait grossir ou naître des collectifs soucieux de produire sain et local, « de montrer qu’un territoire peut nourrir les gens qui l’habitent ». En Vendée ou dans la Drôme, certains se préparent à affronter, demain, des ruptures dans la chaîne agroalimentaire.

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«Ne pas nous remettre dans le système qui nous a conduits à cette situation. » Dans les Deux-Sèvres, Kévin Certenais explique combien l’épidémie a accéléré la démarche de son collectif, Bocage a la patate. « Pendant le confinement, nous nous sommes dit qu’à la sortie, ça allait être rude, qu’on aurait besoin de faire des choses ensemble. » Alors, avec d’autres membres de son collectif né il y a deux ans, en soutien à Notre-Dame-des-Landes, ils se sont mis à planter des patates sur des parcelles récupérées auprès de trois petites communes (Cerizay, Le Pin, Combrand). L’idée ? Planter et récolter ensemble, mais aussi décider de la distribution. Et éviter ainsi l’image stigmatisante du pauvre assisté.

Ils sont loin d’être les seuls : ici et là, de nombreux collectifs, créés peu avant la crise, ont accéléré leurs réflexions et leurs démarches. Constitués le plus souvent autour d’un noyau dur d’une quinzaine de personnes, ils cherchent en ce moment des terrains, commencent à semer et cogitent sérieusement sur l’« après ». Traversés par la perspective d’une chute brutale de pouvoir d’achat et le risque d’une rupture d’approvisionnement alimentaire, ils font, à l’échelle locale, le choix de l’auto-organisation pour assurer une alimentation saine sur leur territoire.

Paysan en cours d’installation, Kévin précise : « L’idée n’est pas d’être autonome chacun chez soi, mais de l’être ensemble. » D’ailleurs, autour de Bocage a la patate, qui rassemble une quinzaine de personnes, beaucoup de monde a aidé : la coopérative agricole du coin pour faire le travail du sol préalable à la plantation, les maraîchers voisins pour transmettre du savoir-faire… Le collectif a commencé à mettre les mains dans la terre la semaine dernière. Patates et courges pourront être récoltées à la fin de l’été.



Premier chantier de plantation par le collectif Bocage a la patate, le 16 mai 2020. © Vanessa Le Gourierec



Le projet ne s’arrête pas là. « Ce pourrait être les prémices d’une future caisse locale, avec l’idée d’identifier ce dont on a besoin, de décider nous-mêmes ce que l’on produit, et d’assurer nous-mêmes la distribution, en lien avec des épiceries solidaires par exemple, ou des associations d’aide aux demandeurs d’asile », explique Kévin, également membre de l’association Réseau salariat, qui défend depuis longtemps l’idée d’une « sécurité sociale de l’alimentation ». Expliqué dans ce texte publié dans le Club de Mediapart, ce système permettrait à tout le monde d’avoir accès à une alimentation saine, sur le principe de l’accès universel aux soins médicaux.

Organiser un début d’autonomie alimentaire en parallèle des circuits marchands : telle est aussi l’ambition de Yoann Morice, paysan de Loire-Atlantique et membre du collectif Terres communes. « Le prix des fruits et légumes a commencé à augmenter pendant le confinement, constate-t-il. Pour nous, maraîchers, c’est déjà difficile financièrement. Mais on ne veut pas que les précaires se retrouvent à manger des trucs dégueulasses. L’idée est donc de se réapproprier les terres, de développer les jardins partagés… et de faire en sorte que les populations précaires participent à ce mouvement, un peu à la façon des jardins ouvriers du siècle dernier. »

Le 6 mai dernier, Terres communes publiait un texte en ce sens, où il appelait les mairies « à créer des jardins solidaires en mettant à disposition des terres agricoles, des outils, des semences, des savoir-faire et également en mobilisant les services techniques municipaux ».

De fait, plusieurs collectifs en France travaillent déjà main dans la main avec leur commune. Mais à Chauvé, où Yoann réside, « la mairie est déconnectée de la réalité de l’urgence alimentaire ». Le conseil municipal a reporté à l’an prochain tout travail sur les jardins solidaires. « Or, c’est une question politique ! Il faut que les gens s’emparent de ce sujet. »

Yoann et son père n’ont pas voulu attendre : pendant le confinement, ils ont préparé sur leur ferme, avec du compost, un hectare de prairie permanente pour la rendre cultivable. Depuis, des chantiers ont lieu tous les mercredis, rassemblant une dizaine de personnes. Pommes de terres, courges et artichauts ont été plantés – tout en bio. Plus tard, il y aura peut-être des haricots demi-secs et des choux. Pour la récolte et la distribution, le petit groupe envisage de travailler avec d’autres collectifs de la région, notamment ceux qui sont en lien avec l’accueil des migrants.

« Il était temps de s’y mettre : on est en pleine saison de semis », souligne Yoann, qui espère que le collectif va grossir, et attirer des gens au-delà des rangs militants déjà bien actifs. Mais l’urgence sera tout aussi criante l’année prochaine, et le groupe a l’intention, pour y répondre, d’occuper des terres promises à la bétonisation ou à l’agro-industrie. « Le Covid a révélé une urgence : la précarité sociale est en pleine explosion. À Nantes, la queue devant les points de distribution alimentaire a été multipliée par quatre depuis le début du confinement. »

À quelques 80 kilomètres de là, à Dompierre-sur-Yon (Vendée), un autre collectif qui avait commencé à se mobiliser avant la crise a lui aussi approfondi sa démarche. Formé il y a un an et demi, Un coquelicot entre les dents avait commencé par récupérer une parcelle communale de près de 6 000 m2, où il a planté en novembre un verger, suivant les principes de la permaculture : pommiers, poiriers, pruniers, cerisiers…, avec framboisiers, cassissiers, plantes aromatiques et légumes vivaces intercalés. Du paillage a été disposé au sol afin de conserver le frais et l’humidité, et d’éviter la prolifération d’herbes envahissantes.

Ces dernières semaines, le collectif a réussi à mettre en route un jardin communal solidaire sur une nouvelle parcelle. La mairie a mis à disposition un salarié à mi-temps pour le maraîchage, et des chantiers bénévoles vont s’organiser avec lui pour planter et récolter. « Nous pensons que les plus précaires vont être plus nombreux à l’issue de la crise et nous voulons avoir un coup d’avance en matière de résilience alimentaire : être capables, dans six mois, de leur fournir des produits bios et locaux », explique Marc Lepelletier, un des membres du collectif qui était candidat aux municipales.

« Prêts pour la prochaine crise »

 

Ce nouveau terrain est découpé en deux parties. Sur la première vont être plantés racines et légumes de conservation : pommes de terre, carottes, poireaux, céleris-raves, betteraves. L’autre partie, qui nécessitera plus d’attention et d’arrosage, verra pousser cet été tomates, concombres et autres courgettes. D’ici deux mois et demi, les cultivateurs en herbe pourront faire leurs premières récoltes.

« Nous avons repéré sur la commune d’autres terrains idéaux pour planter des arbres fruitiers », ajoute Fabien Lourenço, autre membre d’Un coquelicot entre les dents. Pour ce cadre de l’industrie robotique, « l’idée est de se mettre en action, et de faire les choses ensemble. Avoir planté 80 arbres a permis de montrer que c’était possible. Plus de la moitié d’entre nous n’avaient jamais planté un arbre ! Maintenant, il s’agit de montrer qu’un territoire peut nourrir les gens qui l’habitent. » 

À Dompierre-sur-Yon, la préoccupation de la résilience alimentaire est allée jusqu’au projet d’inscrire la rupture d’approvisionnement alimentaire comme risque majeur dans le Plan communal de sauvegarde, au même titre que les inondations, les tremblements de terre ou encore les risques technologiques. Ce serait une première en France. Le projet, qui date d’avant l’épidémie, a toutefois été mis entre parenthèses du fait de la suspension des élections municipales.

Penser le coup d’après et se préparer à d’éventuelles ruptures dans la chaîne agroalimentaire, voilà une préoccupation majeure pour les Jardins nourriciers, association créée en 2016 dans la Drôme, et dont les réflexions sont allées bon train pendant le confinement. Avec quatre salariés, cette structure fait du maraîchage sur un total de 12 000 m2 répartis sur plusieurs terrains où les membres de l’association peuvent s’investir bénévolement. L’an dernier, l’association a ainsi permis de produire une centaine de paniers de légumes par semaine.

« Nous sommes maintenant dans l’étape d’après : il faut que nous soyons prêts pour la prochaine crise », explique Olivier Royer, le responsable associatif. Depuis longtemps, les militants du Diois avaient en tête que la région, où la production agricole est surtout tournée vers le vin, n’était pas du tout autonome sur le plan alimentaire. L’épidémie a accéléré la prise de conscience.

L’idée à présent est de construire une régie alimentaire à l’échelle de plusieurs communes, afin de soutenir les producteurs locaux et d’assurer une continuité de repas sains dans les cantines. Pour préparer ce nouveau défi, l’association s’apprête à faire un voyage d’étude à Mouans-Sartoux, petite ville de 9 000 habitants dans les Alpes-Maritimes qui fournit de cette façon un millier de repas par jour à destination des cantines et des personnes âgées.

Dans le Maine-et-Loire, non loin d’Angers, le SRAAS (Semailles et ravitaillement alimentaire autonome et solidaire) a lui aussi été saisi par une dynamique à la faveur de la crise. « En montrant concrètement que l’approvisionnement des supermarchés pouvait brusquement s’arrêter, le confinement a précipité nos projets », explique un membre du collectif dont l’action démarre tout juste.

Le groupe a récupéré sur la commune de Chemillé-en-Anjou des terrains privés que les propriétaires ne cultivaient plus. Patates, courges, haricots et tomates ont été plantés il y a deux semaines. « Le mouvement est lancé avec la mise en production, mais pour la suite – récolte, distribution –, c’est encore à construire. » D’autant que le collectif veut se tourner vers Angers pour développer la solidarité entre campagne et ville face à « un État qui ne fait rien pour préparer la suite ». « L’autonomie alimentaire ne doit pas se limiter à un petit territoire rural, estime notre interlocuteur, désireux de conserver l’anonymat. Les besoins sont énormes en ville, on le voit avec l’augmentation des bénéficiaires des Restos du cœur. »


 Maine-et-Loire, Drôme, Vendée, Loire-Atlantique, Deux-Sèvres… Tous ces collectifs sont traversés, chacun à leur manière, par les question de la résilience et de l’effondrement. Certains d’entre eux, comme le SRAAS ou Un coquelicot entre les dents, ont même participé l'an dernier à des festivals autour de ces thématiques, et sont proches des positions de Stéphane Linou, qui fut, en 2008, le premier locavore français : pendant un an, cet Audois de Castelnaudary s’est imposé un régime 100 % produits locaux. Il a renoncé au café, aux bananes, aux avocats, au chocolat… Aujourd’hui, il est revenu à un régime mixte, « 70 % local », dit-il, mais il constate combien l’épidémie que nous traversons redonne de la visibilité à son expérience.

« Je ne peux pas me réjouir de ce qui se passe, mais il faut reconnaître que cela jette une nouvelle lumière sur ce sur quoi j’alerte depuis tant d’années. On ne comprend les choses que lorsqu’on les vit dans sa chair… » Attention toutefois à « l’effet bulle », prévient-il : on part de très loin, d’un système de production agricole dépendant du pétrole, des produits phytosanitaires, des marchandises importées…

C’est aussi la mise en garde de l’ingénieure agronome Aurélie Trouvé, maître de conférences à AgroParisTech : « La dualisation est de plus en plus forte, entre une agriculture bio pour les personnes les plus aisées ou disposant d’un capital social et culturel plus élevé, et une tendance de fond, qui reste une agriculture productiviste, avec de moins en moins de paysans et de plus en plus de produits phytosanitaires. »

Cette dernière n’est pas du tout autonome ; elle est complètement dépendante des échanges internationaux. Si l’on retire le vin, la France, malgré sa place de premier pays producteur agricole au sein de l’Union européenne, est en effet un importateur net de produits alimentaires (notamment pour les fruits et légumes, les abats, la viande et les protéagineux). Mais son agriculture est aussi extrêmement dépendante… des exportations. Or ce sont elles qui ont baissé pendant la crise, comme on peut le voir dans les difficultés rencontrées par la filière du lait ; et c’est à elles que la Fnsea, syndicat majoritaire du monde agricole, s’accroche pour limiter ses pertes de parts de marché face à l’Allemagne, l’Espagne et la Pologne. Si les choses bougent à l’échelle de certains territoires ruraux, à l’échelle nationale le chemin vers la relocalisation est encore long.


Source : https://www.mediapart.fr/journal/france/240520/des-collectifs-sement-les-graines-de-l-autonomie-alimentaire?utm_source=article_offert&utm_medium=email&utm_campaign=TRANSAC&utm_content=&utm_term=&xtor=EPR-1013-%5Barticle-offert%5D&M_BT=2484596566


dimanche 5 avril 2020

Une ville mise sur le bio et le local et devient autosuffisante en alimentation




Pour préserver les terres de la bétonisation, la Ville est passé en 2012 de 40ha à 112ha dédiés à l’agriculture dans le Plan Local d’Urbanisation. La Ville verse une aide à l’installation pour les producteurs bio à hauteur de 20 % des investissements avec un plafond de 12 000 euros. Un nouveau maraîcher en bénéficie et la prochaine activité à être subventionnée sera un élevage de poules pondeuses bio.




13 septembre 2019 - Laurie Debove

Afin de fournir en produits bio et locaux sa restauration collective, la ville de Mouans-Sartoux a mis en place une régie agricole et embauché trois salariés. Lancée en 2011, l’expérience a tellement bien fonctionné qu’elle est devenue un modèle en France et en Europe.


Une régie agricole pour fournir les restaurations collectives


Située entre Cannes et Grasse, dans les Alpes-Maritimes, Mouans-Sartoux est une ville de 10 500 habitants. Sensibilisé aux enjeux sanitaires et environnementaux, l’équipe municipale de Mouans-Sartoux décide en 2008 d’approvisionner la restauration collective en produits bio et locaux. Seul souci, les quelques agriculteurs bio du département sont déjà débordés de commandes. La Ville décide alors de créer sa propre régie agricole.

« On avait déjà le terrain parfait : Haute Combes, un ancien domaine agricole de 6 ha qu’on avait pré-empté en 2005 car on on ne voulait pas le voir partir à l’urbanisation. On a tout de suite su qu’il serait irréaliste de viser l’autosuffisance alimentaire donc on a commencé par les fruits et légumes. Nous devons nous adapter au climat, les pommes et les poires par exemple ne poussent pas du tout chez nous, il faut aller les chercher dans l’arrière-pays. » explique Gilles Pérole, adjoint au Maire chargé de l’éducation, au téléphone pour La Relève et La Peste

La commune de Mouans-Sartoux a obtenu la certification agriculture biologique de cette propriété auprès de l’organisme de contrôle ECOCERT le 27 avril 2010. Aujourd’hui, trois salariés cultivent 4 ha sur les 6 du domaine. Ils produisent 25 tonnes de légumes qui représentent 85 % des besoins des 1300 repas servis chaque jour par la Ville (restaurants scolaires, crèches et fonctionnaires). Les 15 % manquants sont dû à un problème de saisonnalité. Pour y remédier et atteindre 100 % des besoins, la Ville a a mis en place une unité de transformation en surgélation qui fera des réserves pour l’hiver pendant l’été.




Le système de la cantine est une tarification sociale avec taux d’effort sur le quotient familial. Il n’y a pas eu de changement du tarif de la cantine scolaire car la Ville a voulu passer en 100 % bio à budget constant, notamment grâce aux économies réalisées sur une baisse de 80% du gaspillage alimentaire.

Sur 5 repas, les cantines scolaires servent deux repas végétariens par semaine : 1 vegan, et le deuxième avec des œufs. Il y a de la viande au menu deux fois par semaine, et du poisson une fois.


La Ville finance la régie agricole de 30 à 40 %. Le reste des financements provient d’appels à projets comme le programme national de l’alimentation, la Fondation Daniel et Nina Carasso et un projet européen. Les fonds sont débloqués à la Ville en échange de son expertise et de mise en place de projets alimentaires territoriaux. Mouans-Sartoux accompagne ainsi des collectivités et communes en France, au Portugal, en Italie, en Belgique, en Bulgarie, en Grèce et en Roumanie.
« On a volontairement choisi des lieux avec des contraintes géographiques, culturelles et climatiques très différentes car on veut prouver que ce modèle peut marcher partout. » précise Gilles Pérole, adjoint au Maire de Mouans-Sartoux, au téléphone pour La Relève et La Peste
La Ville a également co-créé, avec l’Université Nice-Côte d’Azur, un diplôme universitaire de chef de projet en alimentation durable pour former les personnels des collectivités territoriales, et tous ceux qui le veulent, à établir un diagnostic des territoires pour élaborer un plan d’alimentation territorial.

Crédit photo : La Mead de Moans-Sartoux

 

Impliquer les habitants pour protéger les terres de la bétonisation


Pour préserver les terres de la bétonisation, la Ville est passé en 2012 de 40ha à 112ha dédiés à l’agriculture dans le Plan Local d’Urbanisation. La Ville verse une aide à l’installation pour les producteurs bio à hauteur de 20 % des investissements avec un plafond de 12 000 euros. Un nouveau maraîcher en bénéficie et la prochaine activité à être subventionnée sera un élevage de poules pondeuses bio.
« On accompagne les porteurs de projets dans le sens où il ne suffit pas de classer des surfaces agricoles pour qu’elles soient cultivées du jour au lendemain, surtout quand ces surfaces sont privées. Notre constat au bout de 7 ans : il y a eu longtemps un accaparement foncier dans l’espoir que ça redevienne constructible, et depuis un an ça se débloque un peu, on a motivé 11 propriétaires de louer ou vendre des terres pour des projets agricoles. » détaille Gilles Pérole, adjoint au Maire de Mouans-Sartoux, au téléphone pour La Relève et La Peste





Le classement des terres agricoles a été pensé de façon à générer le moins de crispations possibles. Avec la Maison d’Éducation à l’Alimentation Durable, Mouans-Sartoux veut structurer le projet d’autosuffisance alimentaire du territoire pour le pérenniser dans le temps, et s’assurer que les habitants soient partie prenante du projet, avec un accès à de la nourriture saine quel que soient leurs revenus. Ils sont encouragés à faire des petits potagers.

La Ville a mis à disposition 30 jardins familiaux, et chaque nouveau logement social comprend un jardin partagé. Des grandes jardinières ont été offertes aux habitants dans le village, beaucoup d’entre eux en ont choisi de planter des légumes.


Crédit photo : La Mead de Moans-Sartoux

A priori, la recette marche, car de nombreux habitants se déclarent attachés à la nourriture bio et locale, comme en témoigne une enquête où 87 % des parents de cantines scolaires ont précisé avoir modifié leurs habitudes alimentaires pour un régime plus végétal, bio et local. Dans un ménage, le coût des aliments bio est souvent rééquilibré par le fait de manger moins de produits issus d’animaux et ultra-transformés.

Les deux prochains projets pour Mouans-Sartoux : « le citoyen nourrit la ville » pour encourager l’autoproduction et la production solidaire en donnant des récoltes à l’épicerie sociale. Et la mise en place de la plateforme « viens jardiner chez moi » pour mettre en relation des propriétaires de jardin qui ne peuvent pas s’en occuper et des personnes motivées pour faire un potager et partager leurs récoltes. De belles promesses de lien social autour de la Terre.


Source : https://lareleveetlapeste.fr/une-ville-mise-sur-le-bio-et-le-local-et-devient-autosuffisante-en-alimentation/?fbclid=IwAR1C10tO_QJr_3J7cNWKd6D4xBHrtXjnhCX7ymGjjYux0zGOdyGxgVkONZI