mercredi 8 mai 2024
Soirée de soutien aux relaxé.e.s - Samedi 18 mai - Fillols
Maintenant, restent les frais de justice...
dimanche 21 janvier 2024
Des anti-béton relaxés en masse par le Tribunal de Perpignan
Douze activistes du climat viennent d’être considéré.e.s « coupables de rien » après une action de blocage de la circulation l’été dernier au pied du Canigou. Dans le département des Pyrénées-orientales, tous les voyants sont au rouge, concernant la bascule climatique en cours. Les autorités devront y réfléchir à deux fois, si elles considèrent que la répression des lanceurs d’alerte constitueraient leur première urgence.
Il régnait une ambiance assez lunaire sur le Tribunal correctionnel de Perpignan, tôt le mardi 26 janvier 2023 au matin. Une suite fastidieuse de renvois d’affaires était examinée. La présidente de l’audience ne cachait guère que l’engorgement des services judiciaires n’était pas pour rien dans pareille situation. Cela pouvait aller jusqu’à des erreurs d’aiguillage de certains dossiers devant des juridictions non compétentes ! Et il fallait l’expliquer à des justiciables ne comprenant qu’à moitié des reports d’une année supplémentaire dans le traitement d’affaires qui leur empoisonnent la vie.
Alors est-il bien raisonnable d’encombrer le fonctionnement de l’institution judiciaire par des dossiers politiques de fait, mais grossièrement maquillées en infractions au code de la route, avec pour seule visée l’intimidation et la répression de militant.e.s du mouvement social ? Pareille manœuvre aura fait “pschitt” de manière spectaculaire au cours de cette même audience du mardi 16 janvier. Les médias roussillonnais ont abondamment relayé la relaxe pure et simple de douze manifestant.e.s de l’urgence climatique, convoqués en jugement ce jour-là.
Le 29 juillet 2022, ces manifestant.e.s s’étaient retrouvé.e.s une trentaine sur une route départementale du Conflent, tout près de la sous-préfecture de Prades, au pied du Canigou. Deux ballots de paille avaient été déposés en travers de la chaussée, alors même que toutes les huiles du secteur, dont le sous-préfet en personne, se rendaient au concert d’ouverture du prestigieux festival de musique classique qui honore la mémoire de Pau Casals, célèbre violoncelliste catalan (anti-franquiste en son temps réfugié à Prades). Retransmis en direct sur France-Musique, le concert connut ce soir-là un retard de près d’une heure, durée de la suspension de circulation, dans une ambiance au demeurant bon enfant.
Les manifestant.e.s avaient voulu donner un éclat médiatique à leur dénonciation de la bétonisation à outrance de cette micro-région de la Catalogne nord. Les lotissements immobiliers y anéantissent inexorablement des terrains de très bonne terre agricole parfaitement irrigués, dans un secteur où l’arboriculture bat de l’aile, et le maraîchage et l’élevage de moyenne montagne restent fragiles. Aux portes du tribunal ce 16 janvier, la Confédération paysanne est venue rappeler que « l’artificialisation des terres est un acte irréversible ». Et à l’appropriation spéculative du foncier, elle a opposé l’approche qu’elle appelle de ses vœux, qui voudrait que l’activité agricole, nourricière et protectrice de l’environnement, soit ramenée dans le ressort des biens communs.
Les coïncidences font parfois bien les choses. La veille même du procès, le journal local L’Indépendant consacrait son grand titre de « Une » à une étude qui conclut qu’en 2021, première année de rendu public de pareilles données, « le nombre d’hectares de terres vierges urbanisées [dans le département des Pyrénées-orientales] a dépassé de 68 % la trajectoire que fixe la Loi climat en matière de diminution de l’artificialisation d’espaces naturels sur la période 2021-2031 ».
Mais que font donc les autorités, les décideurs politiques, face à un fiasco si alarmant ? Depuis plus de deux ans, ce département fait face à un niveau de sécheresse absolue, jamais connu, compromettant même l’alimentation en eau potable de certaines communes ; sans parler d’une catastrophe pour le système d’irrigation agricole. En cette mi-janvier, depuis Prades, on contemple un Pic du Canigou qui frise les 2 800 mètres d’altitude, mais reste obstinément à peine blanchi par une mince couche de neige, façon sucre-glace. Les stations de sports d’hiver continuent pourtant de prétendre que la pratique du ski demeure leur axe premier d’activité dans l’avenir !
« Nous sommes des citoyens parfaitement responsables, lanceurs d’alerte qui tentons de faire appliquer dans les faits une loi dûment adoptée, la loi climat ; cela pendant que se poursuivent les politiques qui la contredisent du tout au tout », ont expliqué les prévenu.e.s du 16 janvier, en conférence de presse. Ils estiment que les P.O. sont « un laboratoire d’un changement climatique accéléré », mais aussi « un laboratoire de tout ce qu’il ne faudrait pas faire pour s’adapter à cette situation ». Un projet de golf (!) à Villeneuve-de-la-Raho (où le lac est à sec), un viaduc à Céret, une extension portuaire de plaisance à Argelès-sur-Mer, un troisième quai destructeur du site à Port-Vendres, un Schéma de cohérence territoriale (SCoT) prévoyant 35 000 logements supplémentaires sur la plaine du Roussillon, une nouvelle grande déviation sur la 116 (l’axe routier principal qui innerve le département).
Une logique inentamée de bétonisation, de grands projets perturbateurs du vivant, sont imperturbablement dans les tuyaux des projets d’aménagement que promeuvent des élus. Eux cultivent, depuis des décennies, la reconversion à l’immobilier résidentiel et touristique d’un capital foncier dont le versant agricole tourne à la friche. Et la présidente du Conseil départemental, Hermeline Malherbe (PS), se plaint d’avoir affaire à des « éco-extrémistes », pas loin de rejoindre un Gérald Darmanin sur ces thèmes. Ses termes.
Les manifestant.e.s du 29 juillet incriminé.e.s s’étaient d’abord vu infliger l’obligation de suivre un stage (payant !) de citoyenneté. Ils l’ont rejeté, perçu comme insultant, quant à ce qu’ils estiment être leur haut degré d’implication citoyenne. Ils voulaient un jugement sur le fond. « Nous avons avancé collectivement, élaboré notre dossier, malgré la fragilisation de certains d’entre nous. Voilà un modèle stratégique de mobilisation », a-t-on entendu exprimer en conférence de presse.
Hélas, ce jugement sur le fond n’a pas pu se produire. Leur avocat a d’abord argué de vices de forme. Il a fait mouche. Confondant leur mission de police judiciaire et d’agents du maintien de l’ordre, c’est de manière abusive que les gendarmes ont conduit sur place leurs contrôles d’identité, a-t-il été estimé. Ce seul point suffit à entraîner, comme château de cartes, la nullité de l’intégralité de la procédure. « Vous n’êtes donc coupables de rien », a estimé la juge en direction des douze prévenu.e.s, relaxé.e.s. Mais elle a suggéré aussi, de manière assez inattendue, que s’il avait fallu aller plus avant dans le jugement du dossier, elle doutait fort qu’elle ait pu retenir comme valide l’incrimination avancée d’entrave à la circulation, relevant du seul code de la route.
Même purement procédurière, la victoire militante n’est pas mince. Les autorités, dont le sous-préfet retardé en personne au moment de se rendre au concert, ont voulu s’engager dans la seule voie répressive, en aucun cas dans le débat politique, sous une incrimination prétexte face aux “perturbateurs de l’ordre (destructeur) établi”. Fort bien. Le fait est que cette voie est si spécieuse que même la gendarmerie sous leurs ordres s’est révélée incapable de la faire fonctionner efficacement.
Gérard Mayen
Source : https://altermidi.org/2024/01/18/des-anti-beton-relaxes-en-masse-par-le-tribunal-de-perpignan/
lundi 15 janvier 2024
Mardi 16 JANVIER 2024 - SOLIDARITÉ AVEC LES INCULPÉ.E.S
SOLIDARITÉ
AVEC LES INCULPÉ.E.S
16 JANVIER 2024
RENDEZ VOUS
LE MARDI 16 JANVIER 24
à 8h30 au Tribunal Correctionnel
(palais de justice) de Perpignan pour soutenir
les 10 inculpé.e.s du Conflent,
suite à notre action du 29/07/2022 d'alerte
sur l’artificialisation et la bétonisation
des terres agricoles.
Au titre de l'Article L412-1 du code de la route : "le fait en vue d'entraver ou de gêner la circulation, de placer, sur une voie ouverte à la circulation publique, un objet faisant obstacle au passage des véhicules", nous risquons une peine maximale de 2 ans d'emprisonnement et de 4500€ d'amende. Notre avocat demandera la relaxe des faits reprochés. Le jugement peut être mis en délibéré.
Organisation : l'audience dure jusqu'à 12h/12h30, nous ne savons pas quand nous serons appelé.e.s "à la barre", dès le début ou à la fin de la matinée. Donc prévoir la demi-journée si tu le peux.
Sinon, être présent.e à midi devant le palais, nous ferons une déclaration à la sortie puis nous irons tenir une conférence de presse à laquelle tu pourras assister.
A titre d'information, nous allons organiser au printemps une soirée de soutien débat-concert, date exacte à venir.
Le Collectif des Brulls agit pour la défense des terres agricoles et contre l'artificialisation des sols et des espaces naturels.
Le Collectif des Brulls participe au large mouvement des Soulèvements de la Terre.
Pour nous écrire : laterrecestnosoignons@riseup.
lundi 26 septembre 2022
Pyrénées-Orientales : Ils marchent contre la bétonisation du département
Publié le
Les manifestants, venus du département et d’ailleurs, se sont retrouvés ce samedi matin sur le pont du Diable, à Céret.
Ce
samedi matin, était organisée à Céret une « grande marche citoyenne
pour la protection des terres et du vivant », à l’appel de Bien vivre en
Vallespir et coorganisée par Viure, une coordination d’associations
départementales engagées pour l’environnement.
Plus de 30 associations du département ont participé à la manifestation, rejointes par quelques-unes de l’autre côté de la frontière.
« Nous menons aujourd’hui une résistance avec la coordination départementale de Viure, riche de toutes ses composantes, associations, mouvements, citoyens responsables et nos amis de la confédération paysanne qui travaillent pour nous nourrir, explique Daniel Bouix, le porte-parole. Elle est axée sur la protection des terres agricoles ou naturelles et la lutte contre le changement climatique. Le béton envahit notre territoire avec une frénésie dont nos élus sont complices et acteurs. Nous refusons et refuserons jusqu’au bout ce massacre organisé de notre Terre pour satisfaire l’appétit de quelques-uns. Il n’y a pas de planète B ».
"Préservons nos terres agricoles"
Dans le collimateur des manifestants, tous les projets d’étalement urbain du département, « lotissements, zones commerciales, ponts, routes et rocades, usine à bitume, opérations immobilières de luxe, golf, extension de quai », tout ce qui induirait en fait « une bétonisation, une destruction de zones naturelles ou agricoles, engendrerait du trafic ou accentuerait le manque d’eau ».
Une banderole indiquant « Qui sème le béton aura bientôt la dalle » a été suspendue sur le pont de l’ancienne voie ferrée par des activistes d’Extinction rébellion. Une autre accrochée sur le pont du diable disant « Préservons nos terres agricoles ».
Environ 450 personnes ont marché à travers Céret, avec pour consigne
de n’occuper qu’un sens de circulation, le tout encadré par un
dispositif policier. Le site du pont du Diable a été choisi comme lieu
symbolique de départ, en rapport avec le projet du 4e pont de Céret qui a
fortement cristallisé les contestations ces derniers mois.
Les manifestants ont arpenté le centre-ville jusqu’à la sous-préfecture
et la mairie afin d’y déposer des motions. Avant de faire un pique-nique
sous les marronniers près de la salle de l’Union.
La démonstration de force semble avoir satisfait les organisateurs « ne s’attendant pas à voir autant de monde ». Au prix toutefois d’embouteillages qui se sont formés avec plus de 2,5 km de voitures à l’arrêt entre Saint-Jean-Pla-de-Corts et le pont du Diable.
Éric Plouvin
mercredi 14 septembre 2022
dimanche 11 septembre 2022
dimanche 31 juillet 2022
Bilan de l'action Pablo Casals. Nous continuerons !
La Terre C'est Nos Oignons communique :
Bilan de l'action Pablo Casals.
Nous continuerons !
Ce
vendredi 29 juillet, près d’une centaine de personnes ont bloqué la
route départementale menant de Prades (66) à l’Abbaye de St Michel de
Cuxa afin de retarder le concert d’ouverture du festival de musique de
chambre Pablo Casals, événement inaugural où se pressent chaque année de
façon quasi-rituelle représentants de l’Etat, élus de tous horizons et
autres notables du pays.
Pour
les manifestant.e.s, il s’agissait de dénoncer l’artificialisation des
terres agricoles dans le département des Pyrénées Orientales et au-delà,
puis de faire savoir à celles et ceux qui prétendent décider à la place
des habitant.e.s que nous ne les laisserons pas mener en toute
tranquillité leur entreprise de bétonisation du territoire.
Malgré les tentatives d’intimidation d’une force gendarmesque grossissant au fil des minutes, les femmes, hommes et enfants qui ont participé à ce blocage ont jusqu’au bout conservé leur bonne humeur et leur détermination.
__________________
Ci-dessous le communiqué public rédigé pour l’occasion :
Communiqué de presse action « Pablo Casals »
29 juillet 2022 près de l’Abbaye St Michel de Cuxa (66)
Stop au béton, la terre brûle
Un jour, les musiciens ne joueront que sur un tas de cendres.
Face
à l’ampleur des dégâts causés par la bétonisation des terres agricoles
et la destruction des espaces naturels, pour répondre encore et encore
aux injonctions d’une croissance sans limites, des habitant.e.s des
Pyrénées Orientales ont
décidé de retarder pour quelques instants le concert d’ouverture du
festival national de musique de chambre Pablo Casals.
Objectif
: exiger des élu.e.s, fonctionnaires, politiques et aménageurs du
département venus (ou pas) assister à cette première de stopper tous les
projets inutiles et imposés qui poursuivent une idéologie de développement à tout prix : routes, ponts, ports, entrepôts logistiques, centres commerciaux, lotissements…
Ils
se multiplient frénétiquement, en ne prenant en compte ni la réalité
climatique, ni l’état des ressources naturelles, ni notre souveraineté
alimentaire, ni même les aspirations
des habitant.e.s.
Nous sommes navrés d’avoir perturbé cet évènement culturel de haute volée, si important pour les Catalans.
Toutefois, nos excuses n’iront que vers le public de simples citoyen.ne.s, les musicien.ne.s et les organisateurs.
En
effet, les responsables restent celles et ceux qui acceptent, voire
encouragent, l’artificialisation des terres, alors même que la Loi
Climat votée en 2021 l’interdit.
Ces
responsables sont maires, conseillers municipaux, conseillers
départementaux, conseillers régionaux, préfets, anciens ministres,
promoteurs immobiliers, chefs du BTP, architectes, urbanistes et
aménageurs de tous poils…
Tous ne le sont pas. Mais ceux qui le sont se reconnaîtront en ces lignes.
L’avenir des terres vaut bien quelques minutes volées à Dvorak et Tchaïkovsky.












